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03.05.2008
Ascension 1er Mai 2008
Le Christ vit désormais dans un état nouveau : celui de la gloire! Il a mis un point final à sa présence visible au milieu de ses disciples. Jésus aura donc un rapport nouveau avec les hommes, tout différent de celui qu'il a eu pendant sa vie terrestre. Mais cependant il reste présent à eux. Absence et présence : examinons et réfléchissons sur ces 2 points.
1) Une absence : pour que grandisse la Vie!Une absence est une douleur, et c'est toujours le cas quand il s'agit de celle d'un être aimé. Comment gérer cette absence?
Deux anges vont le dire aux apôtres : "Galiléens, pourquoi restez-vous là regarder dans le ciel? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel".
"Pourquoi restez-vous là à regarder dans le ciel?" C'est la question pénible! Le passé est révolu. Il y a une invitation à passer à autre chose. Si Jésus n'est plus là, il y a quand même quelque chose à vivre, quelque chose à faire. En tout cas, pas à regarder dans le ciel! Mesurons l'intensité de la rupture pour les disciples!! Où vont-ils? À quelle aventure sont-ils appelés?
Mais il y a quelque chose de positif qui leur est donné : une espérance : «Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel». Le message qui est donné aux apôtres, c'est de faire face à l'absence de Jésus, mais avec une espérance. Et vous savez, une espérance, ça change la vie, ça change même TOUT.
Les apôtres, et l'Église qui naît en ces jours, ont à faire face à une épreuve, un défi, mais dans l'espérance!
L'Ascension donne déjà en quelque chose sorte des garanties pour l'Avenir. L'absence de Jésus sera supportable, car elle doit cesser un jour. "Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel". Pour nous, qu'est-ce cela veut dire? Ça veut dire qu'il y a des absences qui sont à vivre jusqu'au bout, des deuils qui sont à traverser, à expérimenter. Nous voudrions les esquiver, les éviter, les contourner. Mais en réalité, ils sont inéluctables. Il faut les traverser, comme des torrents en cru, aux eaux bouillonnantes. Et pourquoi il faut les traverser? Pour que l'Esprit de vie puisse agir en nous! Le départ de Jésus est lié au don de l'Esprit de vérité, le Défenseur et le Consolateur qui nous revêtira de sa force. Le but n'est pas de souffrir, le but est de VIVRE, et la VIE se déploie dans la prise de risques et dans une liberté assumée, une liberté prise en main, une liberté en acte. Le papillon qui sort de sa chrysalide fournit un énorme travail, épuisant, mais c'est pour la vie. Jésus, en confiant son Église à des hommes, limités et pécheurs, a pris des risques énormes, mais c'est pour que vive la VIE. L'Ascension, du manière paradoxale, est donc aussi un message d'initiative, de prise de risque, de renouvellement intérieur, de confiance dans l'avenir.
C'est ce que va faire l'Église pendant des siècles, avec bien sûr d'énormes erreurs (les Conquistador, les Croisades, l'Inquisition, et cet autoritarisme rampant trop souvent à l'œuvre dans l'Eglise, et qui en réalité atteint sa fécondité même, je pense au début du 16ème siècle, au refus de voir ce qu'il y avait de juste dans les revendications de Luther, et le recours exclusif à l'arme de la "condamnation"), mais aussi avec des œuvres magnifiques – dans la collaboration avec l'Esprit Saint – (la suppression de l'esclavage, la reconnaissance de la valeur inaliénable de la personne humaine) pour répandre plus d'amour, ouvrir les cœurs pour le Christ, et annoncer le Royaume.
2) Présence : au plus intime de la VIE!Si Jésus est absent, il demeure cependant présent, d'une autre manière, à son Église. «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps» Comment Jésus demeure-t-il présent? Par son Esprit!
L'Esprit de Jésus est là : "Je vais envoyer sur vous mon Esprit. Vous serez revêtus de la force d'en haut"
Qu'est-ce que l'Esprit Saint en nous? Examinons cet aspect essentiel de la vie chrétienne. L'Esprit Saint est l'une des 3 personnes divines, mais avez-vous remarqué que dans la Révélation, le Père parle, le Fils parle, mais il n'y a pas de parole ni d'enseignement du Saint Esprit. Pourquoi? Parce que l'Esprit Saint parle par les prophètes : "Il a parlé par les prophètes" affirme-t-on dans le Credo. Le Saint Esprit parle par les prophètes, par les hommes, par vous, par nous!
Allons plus loin. Le Saint Esprit n'est pas seulement objet de foi comme le Père et le Fils, il est d'abord et avant tout sujet intérieur au croyant qui lui permet de confesser la Foi. Le Saint Esprit est présent au "je" du croyant, et on ne le sent pas toujours, on ne le voit pas toujours, comme l'œil ne voit pas directement sa propre rétine. Le Saint Esprit est présent à cette zone mystérieuse du jaillissement de l'initiative et de l'être ; le Saint Esprit est présent et agit en nous au pôle originaire de la conscience , là même où nous sommes incapables de le voir directement, comme l'œil ne peut voir directement sa propre rétine. Il est au plus profond celui qui inspire notre liberté, et la guérit du poids du péché, mais sans jamais la violenter. L'Esprit Saint n'est pas en face de nous, comme Jésus était en face des apôtres et des foules, mais il est EN NOUS. En reprenant, et en transformant ce que disait Freud sur le subconscient et l'inconscient, nous pouvons dire que le Saint Esprit est notre "inconscient divin". Il est celui que nous pouvons contrister en nous-mêmes. Il s'offre toujours à nous (cf. Lc 11, 11-13 : «Quel est parmi vous le Père, à qui son fils demande un poisson, et qui à la place du poisson lui remettrait un serpent ; ou encore, s'il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion? Si donc vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du Ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent!»). Il ne tient qu'à nous de l'accueillir ou de le refuser, de lui ouvrir notre porte ou de la lui fermer.[1]
Avec Jésus présent avec nous – que dis-je?! – EN NOUS, c'est un nouveau commencement, une aventure merveilleuse qui s'offre à nous. Le message de l'Ascension, c'est une invitation à accueillir et à entreprendre, dans le souffle de l'Esprit, un renouveau dans notre vie, dans l'Église.
Notre histoire homme d'homme et de femme a un passé ; nous avons vécus des événements : on ne peut y revenir. L'Esprit Saint est là, en nous, au plus profond de nous, qui inspire notre prière, et suscite des désirs : confiance!! La deuxième lecture est à cet égard splendide : elle évoque "l'espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l'héritage que vous partagez avec les fidèles, et la puissance infinie qu'il déploie pour nous les croyants." Cette dernière incise est à remarquer. Jésus est toujours présent à son Église par la puissance infinie qu'il déploie pour nous les croyants. À cause de cette puissance, nous pouvons et devons être audacieux. Quand Jésus dit "tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre", ça veut dire que ce pouvoir nous a été donné aussi à nous, chrétiens! Fort de cette puissance de l'Esprit Saint, soyons missionnaires et apostoliques. Par cet Esprit Saint, nous pouvons transformer le monde, nous transformer nous-mêmes relever de grands défis.
[1] Voir les pages lumineuses de Bernard SESBOÜÉ, dans La théologie au XXème siècle et l'avenir de la foi, Paris, DDB, 2007, p 66-68 (391p.)
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Commentaires
« Le but n'est pas de souffrir, le but est de VIVRE, et la VIE se déploie dans la prise de risques et dans une liberté assumée, une liberté prise en main, une liberté en acte. »
En voilà une phrase qu’il faudrait crier sur les toits ! Quel formidable pied de nez aux idolâtres du dieu Pathos qui sont légion. Tapis jusque au cœur de l’Église, ils sont justement une insulte à la « puissance de l'Esprit Saint » « À cause de cette puissance, nous pouvons et devons être audacieux. » Ce qui est quand même d’un autre tonneau que cet « Esprit Saint » de contrebande, faux défenseur des chochottes qui ne se lassent pas de se gratter le nombril… et véritable ATTAQUANT de ceux qui persistent à VIVRE au-delà de leurs souffrances.
« Le Saint Esprit parle par les prophètes, par les hommes, par vous, par nous ! » Eh oui… et ça, c’est une sacrée prise de risque pour Lui comme pour nous ! Parce que là, on se prend en pleine poire la charge désespérée des idolâtres précités. La « puissance de l'Esprit Saint » leur est insupportable : ils ne connaissent que celle de Pathos. On devine leur conclusion : celui qui la manifeste un peu trop vivement à leur goût est forcément un « souffrant » qui s’ignore ! Il y a des soi-disant « spécialistes » pour cela… dont la seule spécialité est d’exploiter ce qu’il y a de plus vil en l’homme. C’est le retour larvé –et MASSIF !- du « recours exclusif à l'arme de la "condamnation" », lâchement planquée sous le faux alibi de la « santé ». C’est un contre tous, Pathos faisant davantage d’émules que le VRAI Esprit Saint. Comme on souhaiterait que ceci ne concerne que d’invétérés païens sans foi ni loi… La réalité est toute autre : elle concerne malheureusement trop « d’habitués » de la Parole qui s’en délectent à dessein de La retourner contre ceux qui ne marchent pas dans leurs clous.
Second point : « en reprenant, et en transformant ce que disait Freud sur le subconscient et l'inconscient, nous pouvons dire que le Saint Esprit est notre "inconscient divin". » Là, excuse-moi, mais beurk ! Même en le « transformant », qu’on en finisse avec Freud ! Il n’est pas pour rien dans tout ce que je viens d’écrire… De plus, l’expression "inconscient divin" est archi-contradictoire… même tempérée par les guillemets ! Puisque « le Saint Esprit est présent et agit en nous au pôle originaire de la conscience , là même où nous sommes incapables de le voir directement », comment un « inconscient » (même divin !) pourrait-il nous éveiller la conscience au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer ? Navré, sans vouloir remettre une seconde en cause l’esprit, je ne cautionne pas la lettre : PAS d’inconscient chez l’Esprit Saint.
Enfin, « si Jésus est absent, il demeure cependant présent, d'une autre manière, à son Église. » Par l’Esprit Saint, sans nul doute. Mais au fond, Il n’est pas si « absent ». N’est-il pas AUSSI Présent de Corps ? Il est avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde… grâce à l’Eucharistie. Ça aide à « déployer une puissance infinie », non ?
Ecrit par : MDT | 03.05.2008
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